CHUTE DU GÉNÉRAL MOUSSA TRAORÉ ET MISE EN PLACE DE L’ARCHITECTURE INSTITUTIONNELLE DE LA TRANSITION DE 1991 (28 au 31 mars 1991) : «Tô tigui ti tô fo».

Le 26 mars 1991, des militaires rassemblés au sein du Comité de Réconciliation nationale (CRN), sous le leadership du Lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré, parachèvent l’œuvre du Mouvement Démocratique qui avait réussi à mettre quasiment à terre le régime de parti unique de l’Union Démocratique du Peuple Malien (UDPM).

Au lendemain de cet évènement majeur, le CRN avait pris ses quartiers à la Maison du Peuple dans les anciens bureaux du Général Moussa Traoré pendant que le Comité de Coordination des Associations et Organisations Démocratiques (Mouvement Démocratique) siégeait à la Bourse du Travail.

La nécessité pour les 2 pôles du renversement de la dictature de se retrouver s’est vite imposée et les concertations ont alors commencé à la Maison du Peuple. Les représentants du Mouvement Démocratique et ceux du CRN se retrouvèrent en salle avec une question essentielle à résoudre : que faire ? Quelle architecture institutionnelle donner à la Transition qui devait se mettre en place ?

De ma serviette je sortis le draft d’un document que j’ai soumis à l’Assemblée. En plus de moi-même, Anatole Sangaré et Souleymane Sidibé dit Bebel ont été désignés pour élaborer un document qui, adopté, devint l’Acte fondamental du 31 mars 1991, la Constitution de la Transition. Son article 64 stipulait : « En attendant les élections générales et la mise en place des institutions prévues par la nouvelle Constitution à adopter par référendum, le présent Acte fondamental sera exécuté comme Constitution de l’État ».

Le Comité de Transition pour le Salut du Peuple (CTSP), composé de 10 militaires et de 15 civils, conçu comme l’organe suprême de la Transition avec comme missions essentielles d’assurer la fonction législative, de déterminer la politique de la Nation, de contrôler l’Exécutif et d’assurer l’accès équitable des partis politiques aux mass-médias officiels a été créé. Le lieutenant-colonel ATT a été désigné Président de cet organe. Ipso facto, il devenait Chef de l’Etat. Toutes les composantes du Mouvement Démocratique, à l’exception du Barreau étaient représentées au sein du CTSP, le plus souvent par leurs premiers responsables.

Pour ma part je n’ai pas souhaité y siéger. D’autres cadres ont été désignés pour y prendre place :
« Tô tigui ti tô fo ».

Soumana Sacko a été désigné Premier ministre.
Le lendemain, la presse titrait : « le CRN s’efface, Vive le CTSP » (Voir photo)

La Transition était désormais sur les rails.

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